Jusqu’à très récemment, le bois faisait figure de ressource désuète pour la construction ou la rénovation des systèmes de chauffage. Cette image s’est progressivement transformée et, aujourd’hui, il est devenu une option technique comme une autre, au lancement d’un projet. Une telle évolution est en grande partie due au cercle vertueux apparu, ces dernières années, avec la montée des préoccupations énergétiques. Les performances du bois ont tout d’abord intéressé des pionniers parmi les particuliers et les collectivités locales. Les premières réalisations sont ensuite devenues autant de références pour des acteurs plus prudents qui souhaitaient juger sur pièce, avant de lancer leur propre projet.
Près d’une maison ligérienne sur huit est construite en bois
Preuve que le bois a su gagner les mentalités, les émissions de télé consacrées à l’habitat regorgent actuellement de constructions ayant eu recours à ce matériau. Dans les Pays de la Loire, cette inclination se retrouve dans les chiffres : le bois qui y représentait 9 % des constructions de maison individuelle, en 2007, est passé à 13 % l’an dernier, soit près d’une maison sur huit. Plus qu’une explosion du nombre de projets initiés, cette croissance témoigne surtout de la bonne résistance du bois dans un marché de la construction globalement sinistré, en cette période de ralentissement économique : dans les Pays de la Loire, le nombre de chantiers de logements démarrés a chuté de 27,6 %, entre 2011 et 2012 !
Pour se faire une autre idée de la trajectoire actuellement suivie par le bois, il convient de rappeler que sa part de marché dans l’individuel neuf se situe au-deçà des objectifs de 17 à 18 %, fixés pour l’année 2012 par l’étude « Bois et Habitats de demain en Pays de la Loire », réalisée en 2010 sous l’égide du Conseil régional, d’Atlanbois et de l’UNIFA (ameublement).
En termes de potentiel de développement, cette étude évoquait la construction en bois d’une maison sur cinq, à l’horizon 2020. « Un objectif qui n’est pas excessivement optimiste, quand on se souvient que la part de la construction bois était de 3 % au début des années 2000, souligne Maxime Baudrand, Conseiller Construction bois au sein d’Atlanbois. De plus – comme le constate l’Observatoire des bâtiments basse consommation de l’association Effinergie – l’utilisation du bois est fortement corrélée à la qualité des constructions : plus elles sont performantes sur le plan énergétique, plus le rôle de ce matériau augmente. Avec la RT 2012, et celles à venir par la suite, le bois continuera donc sa progression. »
Le bois-énergie devient une évidence

De son côté, le bois-énergie poursuit également son essor. « Avec la hausse des prix du fioul et du gaz, il devient une évidence dans l’individuel et le collectif, constate Franck Racaud, distributeur de chaudières bois. » A tel point que la question du renouvellement des ressources peut être soulevée, en particulier dans une région où les forêts ne couvrent que 11 % du territoire, contre près de 30 % en France. En effet, certains distributeurs de bois de chauffage du Grand Ouest s’alarment de la situation : les sciures servant à la production de granulés se raréfient et des billes de bois sont parfois directement utilisées.
Dès lors, le bois risque-t-il de souffrir d’une crise de croissance ? « Au regard de la gestion durable des forêts françaises, il ne devrait pas y avoir de pénurie dans les années à venir, estime Maxime Baudrand. Mais des fluctuations de prix sont à envisager, en cas de très fortes demandes. On constate d’ailleurs que les besoins de la Chine ne sont pas sans effets sur le coût actuel du bois. La meilleure solution pour éviter ces tensions sur le marché est de mobiliser du bois produit en France, où qualité et quantité sont au rendez-vous, tant pour la construction que pour le chauffage. Du reste, une approche globale de la demande dans ces deux domaines – auxquels on peut ajouter l’ameublement – est à promouvoir, car la construction bois génère des déchets valorisés par la suite dans la filière du bois-énergie. Leurs développements respectifs sont donc naturellement liés. »